2025, de nouvelles réponses pour des besoins nouveaux

Rapport d'activité Auxilia enseignement à distance

 

Préambule

 

Lorsque, en 1959, Auxilia est sollicitée pour ouvrir à des personnes détenues son activité originelle de cours par correspondance, la question fait débat au sein de ses dirigeants. Certains entendent continuer à réserver les cours aux malades, « pour lesquels ils ont été créés ». Marguerite Pelecier, présidente, estime pour sa part qu’il « est contraire à l’esprit d’Auxilia de rester sourd à cet appel » adressé par Jean Scelles, militant des droits humains, ancien résistant et ex-membre du Conseil de l’Union française rentré d’Alger où il a longtemps séjourné.

 

Après quelques mois de réflexion, la question revient à l’ordre du jour du Conseil d’administration du 4 octobre. Il est alors décidé de « tenter l’essai » en créant un service dédié. Pari réussi : trois semaines plus tard, le CA salue l’accueil favorable des professeurs bénévoles. Dans les mois qui suivent, l’Administration pénitentiaire donne son accord pour « un essai dans deux ou trois Centrales recevant une majorité de jeunes », dont la prison de Fresnes, aux portes de Paris. Côté détenus, le bouche à oreille fait son œuvre : de 110 inscrits en 1961 on passe à 450 l’année suivante.

 

Aujourd’hui et plus que jamais, l’équipe de l’EAD, salariées et bénévoles, s’inscrit dans ce même état d’esprit : « Inventer, chercher, trouver de nouvelles formes d’action afin de répondre à des problèmes nouveaux. » Alors que le lien épistolaire semble dépassé – s’il permet de toucher les personnes détenues parmi les plus isolées, il rebute les plus jeunes adultes de moins en moins nombreux à s’adresser à nous -, alors que les conditions de détention empirent chaque jour faisant de l’envie d’apprendre une gageure, nous nous devons d’adapter toujours mieux notre offre d’aide aux besoins, « de trouver de nouvelles formes d’actions ».

 

C’est tout le sens du travail entrepris depuis plus d’un an dans le cadre d’une réflexion
stratégique, sous l’impulsion de la Direction et du Conseil d’Administration d’Auxilia. De ces réflexions a émergé un programme expérimental de mentorat lancé en septembre 2025 à destination de jeunes détenus de moins de 30 ans, en présentiel, grâce à la coopération de bénévoles “correspondants de prison” volontaires pour faire un “pas de côté”.

 

A lire ici.

à télécharger :

À découvrir aussi...

  • Atelier visio : pédagogie et souffrance psychique

    Le 23 juin, le pôle EAD a organisé un atelier à destination des formateurs bénévoles sur le thème des pratiques pédagogiques dans un contexte de souffrance psychique, animé par Céline Gaschet.

  • Webinaire : l'efficacité de la prison

    Le 26 mai, Benjamin Monnery est intervenu en ligne pour partager avec les bénévoles d'Auxilia ses travaux sur l'effet des différents types de peine sur la récidive.

  • L’AtiGIP, un nouveau partenaire

    L’AtiGIP, un nouveau partenaire pour développer le mentorat en détention

     

    Le comité de sélection du prix « 2D » (Dedans-Dehors) s’est réuni le 5 février 2026 au Lab 2D de l’Atigip.